Mémoires d’un herboriste andalou

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Mémoires d’un herboriste andalou

Ibn Baytar médecin vétérinaire botaniste pharmacologue en Orient

roman historique

collection Paroles nomades

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Ibn Baytar, savant andalou né vers 1198 à Malaga dans une famille réputée de vétérinaires, vétérinaire lui-même, médecin, pharmacologue, botaniste est, depuis une quarantaine d’années déjà, installé en Orient. l'Egypte et la Syrie sont alors sous pouvoir des Ayyoubides descendants de Saladin. L’herboriste a longuement parcouru les vastes contrées du monde musulman d'alors en compagnie d’autres savants tout aussi réputés et de toutes origines. Dans son exil, il semble, déjà, sans espoir de retour à Malaga, dans sa famille et à Séville où il a étudié. Au Caire ou à Damas où les sultans l’ont nommé, dès son arrivée, chef des herboristes de leurs hôpitaux, le prestigieux savant se hâte de mettre un point final à la rédaction d’une nouvelle œuvre monumentale : son Traité des remèdes simples et des aliments.
Fin d’été 1248, Il s’apprête à rejoindre Damas sans doute dans la suite du sultan d’Égypte et de Syrie Saleh Ayyoub très malade. Le temps presse ! Le monde arabe se déchire, de terribles conflits s'annoncent en Occident et en Orient ! Hélas, la mort, partout, rôde. Une nouvelle croisade sanglante s’annonce. Les Mongols sont aux portes de Bagdad ! Ces guerres conduiront les Mamelouks au pouvoir.


Ibn Baytar se hâte de rédiger ses Mémoires. Il sait que d'innombrables manuscrits savants sont bien gardés dans les bibliothèques d’Occident et d’Orient. Par contre peu de choses resteront de ce que fut la vie souvent périlleuse des savants et les conditions exaltantes et difficiles de leur travail.

C’est à Setti Hasifa : la Dame de Damas, attentive maîtresse de maison et savante respectée qui le seconde depuis tant d'années dans la copie de son œuvre, qu’il veut remettre le cahier de ses Mémoires. Elle seule saura prendre soin du cahier et du manuscrit de son Traité qu’il doit remettre bientôt à Damas à l’Ayyoubide qui le lui a commandé !
À la mort en Syrie d'Ibn Baytar, en cet automne 1248, c’est donc la botaniste de Damas qui recueillera le cahier relié de cuir rouge des Mémoires de l’herboriste andalou et l’emportera dans l'exil de la famille syrienne à Venise...

Simone Lafleuriel-Zakri

Simone Lafleuriel-Zakri passionnée d'histoire et de géopolitique consacre depuis de longues années toute son énergie à faire connaître à un public varié les mille et une facettes du monde arabe par des actions soutenues : conférences, articles et contributions. Elle a collaboré à l'ouvrage de l'Unesco Sciences et technologies en Islam. Elle est notamment l’auteur de l’ouvrage d’art Syrie, berceau des civilisations (ACR éditions).

Au salon du livre de Paris 2016 :

Evénement

« Livre Paris »… Vivre Paris… Vivre le livre

C’est dans un espace de 40 000 m2 à la salle des expositions, Porte de Versailles, que la 36e édition du Salon du livre de Paris, rebaptisé « Livre Paris », a eu lieu entre les 17 et 20 mars. Avec plus de 40 pays représentés, dont la Corée du Sud, invitée d’honneur, « Livre Paris » est une tribune d’échanges culturels au moment où des barrières idéologiques s’érigent partout dans le monde.

Par Maya Khadra
2016 - 04

À l’entrée de la salle des expositions de Paris, des familles, des enfants impatients de décrocher les dernières parutions en bandes dessinées, des jeunes et des vieux s’empressent à entrer dans cette caverne d’Ali Baba littéraire en deux files indiennes interminables. Quelques professeurs du SNALC (Syndicat national des lycées et collèges), calicots en main et chapeaux coniques en forme de circonflexe, s’opposent à la réforme de l’orthographe et distribuent des tracts sur l’esplanade de la salle des expositions. Des visiteurs s’échangent des idées, leurs avis sur les livres qu’ils viennent d’acheter et se montrent avec fierté les dédicaces de leurs auteurs préférés souvent écrits à la hâte ; phrases bateaux qui les embarquent dans un état émotionnel presque euphorique. Puis, l’entrée au salon s’accompagne d’une entrée dans un monde d’enchantement. Les férus de littérature trouvent leur graal : 500 stands, 100 000 livres, 1200 éditeurs et 2500 auteurs sont au rendez-vous ! Les grandes maisons d’édition trônent dans leurs grands espaces imposants avec leurs productions classiques et leurs nouvelles parutions et d’autres, plus petites et atypiques parfois, les côtoient timidement en essayant de se frayer un chemin dans ce labyrinthe compétitif et de promouvoir leurs auteurs en herbe et réussissent tant bien que mal à attirer un nouveau lectorat. Des expositions uniques attirent et envoûtent rapidement les flâneurs dans ce grand espace dédié à la littérature à l’instar de celle dédiée aux 50 ans de poésie Gallimard. L’espace poétique créé entre quatre murs d’un blanc éblouissant est un bel hommage aux incontournables de la poésie : Louis Aragon, Francis Ponge, Yves Bonnefoy, Pablo Neruda, André Breton et la Libanaise Vénus Khoury-Ghata dont Les Mots étaient des loups (poèmes choisis) répond à son interrogation dialectique et rhétorique : « Comment pleurer dans une langue qui n’est pas la tienne/ Quel nom donner aux murs non imprégnés de ta sueur. » Des mots en vadrouille se sont baladés au salon à bord du camion des mots au grand bonheur des amoureux de la langue française. Dans un véritable studio d’enregistrement, une équipe de professionnels a aidé les passionnés de la langue de Molière à mettre en image des textes littéraires et à explorer la francophonie ; thème à l’honneur de la Semaine française de la francophonie 2016. Au grand dam des langues concurrentes, le français est plus que jamais une langue qui n’a de cesse d’évoluer. Christophe Chaillot, responsable du pôle Coopération éducative et linguistique à l’Institut français à Paris, fait le point sur l’état de la francophonie dans le monde en chiffres : « C’est une langue officielle au sein de 5 organisations mondiales, 6 organisations régionales africaines et 5 organisations régionales américaines », tout en mettant en garde contre la posture défensive, opposée à l’anglais ou autres langues, que pourraient prendre des promoteurs de cette langue et en soulignant l’importance d’une promotion de la langue française d’une manière offensive en montrant sa complémentarité avec d’autres langues dans des contextes de plus en plus plurilingues. Là où les tabous ont sévi, la langue française s’est imposée comme langue de liberté qui s’est substituée à la langue maternelle de nombreux auteurs qui ont voulu « créer, penser et inventer en français comme Amin Maalouf, Charif Majdalani, Georgia Makhlouf, Jonathan Littel, Andreï Makine, Anne Weber, Andei Vieru, Ying Chen, etc. », d’après M. Chaillot. L’Institut français, l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France, est le principal parrain de cette culture de la francophonie et de la promotion de la langue française. Principal partenaire du Prix international du jeune écrivain de langue française, il a accueilli sur son stand le jury et le lauréat de ce prix : Alex Noël. Anne du Parquet, responsable Salons et Manifestations à l’Institut français, met l’accent sur l’importance de promouvoir une nouvelle scène littéraire, de nouveaux talents, tout en rappelant que c’est l’un des objectifs de l’IF.
Un souffle d’Orient
 
L’Orient, quoique meurtri et déchiré par ses crises internes interminables, était présent au Salon du livre de Paris. Des auteurs, des romans et des essais nous rappellent la gloire d’antan de cette partie du monde qui a vu naître les lumières les plus humanistes et les ténèbres de l’obscurantisme. Simone Lafleuriel-Zakri, dans sa Botaniste de Damas, Syrie, berceau des civilisations et Mémoires d’un herboriste andalou parus aux éditions Alfabarre, transmet l’image d’un Orient où la culture et tous les échanges savants avaient le vent en poupe et où contrairement à ce que l’on pense, un monde paisible et un lieu de pèlerinage scientifique y prospéraient. Myriam Jamous, fille de feu Albert Jamous, émigré libanais juif et auteur de C’est ici ou la mer paru aux éditions Tamyras, dépeint l’image qu’elle s’est longtemps faite de Beyrouth et qui se reflète dans le roman de son père : « Ville du vivre-ensemble, sans fanatismes identitaires où il faisait bon vivre et où mes ancêtres se sont rendus pour prospérer. »
Pont jeté entre Orient et Occident, le Salon du livre est plus que jamais un acte de résistance culturelle face au danger galopant de la médiocrité culturelle et intellectuelle. « Sa programmation exigeante et ouverte à tous rappellera combien les livres, dans leur pluralité et quel que soit leur format, sont des écoles de liberté et de connaissance sur le monde et sur les hommes », affirme Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition et président du Salon du livre. 

Réponse de La botaniste à L'herboriste

La botaniste de Damas

Simone lafleuriel zakri,

Propos sur l'histoire des sciences arabes

          Tout d'abord et avant d'être plus précis, faisons le point sur tout ce que les        spécialistes de la question, ceux qui depuis des années :professeurs, universitaires, chercheurs ou dilettantes éclairés de ce domaine aussi dense que très complexe mais passionnant, mettent à la disposition du public.

De nombreux ouvrages et publications savantes ou de vulgarisation sont consacrés à l'histoire des sciences arabes qu'il convient aussitôt de recadrer dans son aire d'extension : le monde arabo-musulman, le Dâr al Islam. Dans ce vaste espace s'impose à partir du 7e siècle, une langue dominante : l'arabe liée au livre sacré : le Coran et à la diffusion de l'islam jusqu'aux frontières de la Chine à l'est et à l'ouest aux côtes les plus méridionales de l'Europe dont l'Italie et l'Espagne en passant, par la Perse, le monde turcophone, l'Afrique avec les grands centres d'échanges d'Egypte, du Soudan ou d'Afrique du nord.

L'Islam va jouer son rôle d'autre vecteur privilégié de la connaissance, associé aux pouvoirs politiques et institutionnels qui s'en réclament et provoquent dans son espace et bien au-delà, les échanges denses en tout genre qu'ils soient guerriers - trop souvent - mais toujours commerciaux, sociaux et culturels. L'arabe reste donc comme put l'être la langue grecque dans l'empire du même nom - le vecteur essentiel de la connaissance scientifique et de sa diffusion. Son aire d'application est de presque libre circulation. Des êtres humains de toutes races, de toutes conditions: maîtres ou esclaves et gens de religions diverses: chrétiens, musulmans, juifs et autres s'y côtoient et partagent, au quotidien, savoirs et savoir- faire.

Cet espace musulman de langue arabe est aussi celui qui vit se développer, par le passé, des civilisations brillantes, réceptacles depuis des millénaires de cultures qui plongent leurs racines dans la plus haute Antiquité. La connaissance scientifique arabo-musulmane se nourrit donc d'abord de ce terreau aux mille facettes fertiles. Avec avidité, passion même, elle s'en imprègne, s'en repaît, le fait sien. Elle le transcrit dans cette langue unique, providentielle, l'arabe, abandonnant progressivement les langues d'origine: le sanscrit comme le pehlevi ou le grec et en Andalousie, le romance espagnol ou le latin. Dans le même temps est lancé, en langue arabe toujours, et dès l 'époque omeyyade, le programme des grandes traductions littéraires et scientifiques. Il débute surtout à partir du 9è siècle date à laquelle l'arabisation est effective et où la technologie met à la disposition de la science un support extraordinaire car bon marché, résistant et pratique : le papier. Précisons ici que le mot science : 'ilm : l. plus cité dans le Coran, est entendue largement c'est à dire : ensemble des connaissances qui vont de la philosophie aux sciences géographiques ou l'histoire, la géologie en passant par la physique, l'optique, l'alchimie ésotérique, les sciences naturelles, la zoologie, l'agronomie, la science nautique, la musique, etc

Dans le même temps, les auteurs de dictionnaires et les biographes se mettent au travail : ces derniers garantissant l'authenticité de la transmission des textes en rapportant aussi fidèlement que possible ce que les savants de l' époque antérieure avaient acquis. Ainsi les médecins arabes reprennent le savoir et les pratiques des Grecs :Dioscoride ou Galien et les astronomes s'inspirent de la Mésopotamie de la Grèce ou de l'Egypte.

De cette immense somme de connaissances héritée de l'Antiquité qu'elle soit donc mésopotamienne, grecque, égyptienne, perse, asiatique,la connaissance scientifique arabe au départ, et au début seulement, va donc s'emparer, la compiler largement puis l'assimiler et se l'approprier. Ce caractère syncrétique s'accompagnera et presque aussitôt, d'un exercice permanent de critique textuelle. Le médecin pharmacologue et botaniste Ibn Baytar au 13e s., ne procède pas autrement quand il compile les oeuvres des auteurs grecs, latins et ses prédécesseurs arabes. Mais il y ajoute aussitôt et ses critiques souvent acerbes et ce qu'il a appris de l'usage des drogues dans son Andalousie natale puis lors de ses voyages en Orient et enfin dans sa pratique dans les grands hôpitaux -bimaristan - du Caire ou de Damas. De même la science agronomique parce qu'elle s'exerce dans une même ère climatique et géographique va reprendre les travaux des agronomes mésopotamiens d' Irak dont la Somme agronomique nabatéenne et de ceux de Syrie tout en les comparant aux pratiques culturales andalouse maghrébine, orientales et de son temps .

Enfin la science arabe est servie, soutenue par des pouvoirs variés, successifs, souvent agités et versatiles mais aussi soucieux du développement, du rayonnement et de la défense de leurs royaumes plus ou moins puissants, qui purent aussi se faire empires. Les plus avisés de ces princes, rois ou sultans tel le célèbre calife abbasside Haroun al Rashid ou les souverains omeyyades survivants chassés de Damas par ces mêmes Abbassides et installés en Andalousie, savent bien qu'ils devront leur puissance, leur richesse, leur longévité ou leur sécurité à leurs savants mathématiciens ou à leurs ingénieurs, à leurs chimistes, à leurs médecins, à leurs agronomes, à ces familles de chercheurs couvrant plusieurs générations et comptant des femmes célèbres. Dès lors la science arabo-musulmane se développe sur une période assez longue, presque huit siècles d'essor continu pendant lesquels les souverains et leurs sujets les plus fortunés eurent à coeur, le plus souvent -car il y eut aussi de fréquentes persécutions y compris de médecins dont le sévillan Ibn Zuhr, nommé en Occident Avenzoar - de s'attacher les plus divers et les plus prestigieux des savants. Ils leur assurèrent gîte, couvert et protection, leur donnèrent les moyens de poursuivre, ensemble, leurs études, expérimentations, travaux et rédactions de volumineux et innombrables traités. Ils créèrent et subventionnèrent de prestigieuses institutions : hôpitaux ou observatoires astronomiques. : la Bayt - al -Hikma "Maison de la sagesse" d'Al Rashid et d'al Mamoun au 9e siècle est un exemple de ces fondations richement dotées et où s'illustrèrent des savants célèbres : le mathématicien Kwârismi, l'astronome Yahya Abî Mansour qui en fut aussi l'un des directeurs, les fameux Banu Musa, trois fils prodigues de l'astronome et astrologue du calife Al Mamoun : Musa Ibn Shakir : Les frères Banu Musa: l'aîné : mathématicien et astronome, les deux autres; géomètres, ingénieurs, et mécaniciens. Entrepreneurs de travaux publics, et mécènes comme tant d'autres richissimes notables du privé, ces frères-associés financèrent des bibliothèques, des observatoires, une grande école de traducteurs qui employa les savants traducteurs Hunayn in Ishaq et Thabit Ibn Qurra. Enfin ils envoyèrent dans tout l'empire byzantin, des acheteurs de manuscrits grecs. Leurs innombrables travaux traduits en latin en particulier par l'italien Gérard de Crémone mais aussi en tolèdan, influencèrent le Moyen Age occidental. Toujours au 13e s. ces mécaniciens reprirent les travaux des ingénieurs grecs, mirent au point ces célèbres horloges, mécaniques hydrauliques et autres automates perfectionnés. Ils furent les premiers d'une grande lignée d'ingénieurs dont le célèbre Al Jazari du 13e siècle inventeur de machines ingénieuses: fontaines, norias, clepsydres…

Après le passage destructeur autant que destructurant des Mongols en l'Irak dont Bagdad était siège de califat, et lorsque la Syrie s'affaiblissait ou quand s'éteignit la dynastie ayyoubide, quand s'installèrent au Caire les Mamelouks, ce corps d'esclaves-guerriers, enrôlés par les sultans pour défendre leur pouvoir, même lorsque la science arabe ne connait plus et dans les mêmes lieux son brillant développement, l'incroyable transfert des connaissances se poursuivit inexorablement. Sa marche vers l'est comme vers l'ouest alla tout au long des temps à venir, comme en témoignent par exemple les travaux du médecin Ibn Nafis sur la circulation sanguine et conduits au 13e siècle. Traduits en latin au Moyen Age, ils inspirèrent les recherches modernes. En Occident le principe de la circulation du sang qu' Ibn Nafis décrivit ne fut connu qu'au 19e s. A partir de la deuxième moitié du 13e s. nombre de savants émigrèrent, à Constantinople par exemple où ils traduisirent, de nouveau en grec, les travaux arabes, eux-mêmes déjà passés au latin, par l'Espagne, l'Italie ou le sud de la France, à Montpellier par exemple…Ainsi par les savants arabes ou écrivant en arabe, fut transmis à l'humanité la somme des connaissances née, élaborée dans l'ensemble du monde antique de l'Asie à la Grèce puis modernisée, enrichie par leur travail érudit, approfondi, et cela malgré la destruction des bibliothèques, le déclin des lieux de savoir, l'appauvrissement ou le transfert des populations, protectrices des savoirs et artisanes, garantes des savoirs -faire.

Il est impossible en si peu de temps de rendre hommage à tous ces savants qui servirent si bien la connaissance universelle. Les plus "médiatisés" sont peut-être les médecins Avicenne ou Rhazès dont les travaux furent le plus souvent vulgarisés. Le philosophe al Kindi également est cité qui s'inspira des Grecs Aristote, Platon 'l'Aflaton" arabe. Il était aussi mathématicien, physicien, chimiste,musicien. Il composa des traités en minéralogie. Al Ghazali du Khorazan, lui, critique impénitent de la philosophie, vécut en soufi à Bagdad et à Damas. le philosophe mystique AL Suhrawardi du 11e s., est connu par son destin tragique car torturé et exécuté à Alep pour hérésie. Le théologien,philosophe et juriste de Cordoue, le sulfureux poète Ibn Hazm est considéré comme le plus grand des penseurs de la civilisation arabo-musulmane. Parmi la centaine de ses ouvrages, son Traité de l'Amour et des Amants : le Collier de la Colombe, est traduit dans toutes les langues. Et l'on ne peut qu'évoquer la prestigieux figure de la spiritualité islamique : le philosophe et mystique andalou du 13e s. Ibn Arabi né à Murcie et mort très âgé à Damas, ou celle toute aussi brillante d'Ibn Rushd qui incarne la rationalité. Le domaine des mathématiques déjà évoqué, s'illustre des noms de Kharizmi connu en Occident comme Algorismus. Bibliothécaire à Bagdad, il étudia le système de calcul indien avec introduction du zéro. Le moine auvergnat devenu pape, le mathématicien Gerbert d'Aurillac s'inspira de ses travaux et introduisit en France le chiffre arabo-indien…, Moins connu mais tout aussi incontournable Al Tusi, un autre de ces génies universels né au Khorassan mais mort à Bagdad, est le spécialiste des sciences exactes.

L'astronomie est servi par les Al Farghani, spécialiste des mouvement célestes, de l'apogée du soleil et de son orbite; Al Battani converti à l'islam qui travailla à Raqqa en Syrie où il corrigea Ptolémée. ! les astrolabes, cadrans solaires et autres sphères armillaires n'avaient plus de secret pour ce mathématicien également géographe; Al Biruni persan, mais qui déclarait que "par la langue arabe, les sciences transmises de toutes parts s'étaient glissées dans tous les coeurs "…En sciences naturelles et physiques, citons le physicien et mathématicien astronome Ibn Haytham, génie de l'optique géométrique. Aux médecins déjà évoqués ajoutant les noms d'Al Majusi, fondateur de l'hôpital de moderne conception de Bagdad…Mais ils sont bien trop nombreux pour que nous puissons en faire une évocation complète. Elle ne rendrait de plus pas compte ni de l'étendue de leur savoir encyclopédique, ni de la nature et de l'importance de leurs travaux ni du volume de leurs écrits. Moins bien étudiées de nos jours, la pharmacologie et la botanique : toutes sciences liées à la médecine et à la diététique eurent de grands spécialistes dont les Andalous Ibn Baytar déjà nommé, grand voyageur, contemporain d'Ibn Arabi et mort à Damas en 1248, mais surtout Al Ghafiqi et encore Abu-l-Abbas al Roumi, et Al Nabati et justement surnommé car spécialiste des plantes. Il nacquit et mourut à Séville après un périple en Orient. Enfin nous évoquerons Ibn Jobayr, voyageur et auteur de récits de voyages "Rihla" comme Ibn Battuta ou le grand géographe Al Idrisi marocain, décédé à Palerme : ces détail smontrant assez bien la mobilité de tous ces savants, habitués à gagner les grands centres de culture du Dar al Islam où ils passaient de longues années, pour raison de pèlerinage. Mais jamais uniquement pour cette démarche, comme Ibn Arabi ou Ibn Baytar, ils partaient vivre, travailler et mourir loin de la terre natale, fuyant les persecutions locales les conflits entre gens de pouvoir : rois, princes, notables influents ou cheikhs, et les guerres ou pour les Andalous, l'irrésistible reconquête chrétienne

Du 19e s à nos jours, les études, recherches et publications sur l'étendue des connaissances et la contribution des peuples arabes et musulmans à la connaissance universelle, se succèderont, servies par des spécialistes reconnus de différentes disciplines, dans les universités ou instituts du monde arabe ou musulman, et partout et dans toutes les langues. Difficile donc de s'y retrouver, de se faire une idée précise de la somme de travaux attachés à une discipline précise quand ces recherches et travaux sont aussi rédigés en hindi, en russe, en turc ou en japonais…La plupart des livres récents traitant généralement des sciences et de leur apport à la connaissance universelle se dotent d'illustrations attrayantes rendues possibles par la richesse de l'iconographie disponible sur le sujet que ce soit dans le domaine de la médecine ou de la botanique ou de l'astronomie par exemple. De somptueux traités arabes, en plus de leur calligraphie soignée et des précieuses reliures les protégeant, offrent de magnifiques illustrations sur l'art médical par exemple ou sur celui de la guerre ou de la botanique. Un botaniste syrien Rashid al Din al Souri Al dont l'oeuvre a disparu accompagnait ses observations de dessins précis de la fleur aux différents stades de la courte vie de la plante trouvée sur son sol o urapportée au laboratoire.

Des ouvrages récents se veulent ouvrages de vulgarisation, destinés à un public de lecteurs au premier stade de leur découverte ou plus avertis d'un sujet aussi dense que complexe et malheureusement très partiellement couvert ou très répétitifs. Par contre certaines disciplines "nobles ": les mathématiques, la chimie et l' alchimie, l'astronomie, la médecine font l'objet de travaux constants et approfondis menés par des chercheurs réputés, travaillan depuis des années sur leur sujet : les professeurs Roshdi Rashed pour les mathématiques, les chercheurs ; Arnaldez, Sabbra, Djabbar, Sezgin, Kennedy pour la science arabe en général et l'astronomie, ou Ullman, pour la médecine pour n'en citer que quelques uns. Des traducteurs célèbres au 19ème siècle se firent une spécialité des traités arabes dont ceux de médecine et science associées : botanique et pharmacologie. Il n'est plus très souvent rendu hommage à ces infatigables travailleurs du texte scientifique arabe : au Lorrain Lucien Leclerc par exemple dont l'histoire de la médecine arabe et ses traductions de quelques médecins et pharmacologues font toujours autorité. Peu nombreux sont par contre les chercheurs attachés à l'agronomie, la science nautique,la botanique et la pharmacologie, la science militaire, la zoologie : connaissances pourtant si développées et si prisées des Arabes. Les jeunes chercheurs ne semblent plus guère tentés par l' étude et la traduction de ces textes, rebutés peut-être par le manque de références antérieures, par la coûteuse recherche des manuscrits éparpillés dans toutes les bibliothèques du monde, par l'identification des copies successives souvent imparfaites, fautives et dont il faut étudier chaque mot pour rétablir, enfin, un texte définitif. Il leur faudra ensuite s'y s'atteler, car enfin est considérable la somme de connaissances qu'il leur faut maîtriser pour progresser dans ce travail de bénédictin…

Enfin, si toutes les disciplines qu'englobe le domaine encyclopédique de la science arabe eurent ou ont leurs chercheurs attitrés faisant autorité, il reste que leurs travaux érudits ne sont pas facilement à la portée de tous. Le déficit de vulgarisation est constamment déploré dans toutes les conférences internationales. Enfin il faut reconnaître que très peu de travaux sont consacrés à l'histoire de la technologie arabo-musulmane. Citons en passant l'ouvrage impulsé par l'Unesco : Sciences et techniques en Islam. Les auteurs de cette histoire illustrée sont deux spécialistes. A.al Hassan et Donald R.Hill, Ce dernier chercheur travaille plus particulièrement sur les traités des nombreux ingénieurs-constructeurs de machines diverses : hydrauliques, automates et instruments divers, dont les astrolabes.

La brillante connaissance technologique arabe fut pourtant le support incontournable de la connaissance, et l'application obligée dérivant des découvertes scientifiques pures. Des connaissances en chimie découla la mise au point de la poudre à canon qui révolutionna l'art de la guerre et plus pacifiquement l'art du livre, des techniques de fabrication du papier, de l'art de l'écriture, de la copie et de l' impression des manuscrits par exemple. Ces connaissance en chimie permirent l'extraordinaire diffusion des connaissances scientifiques arabes tant en Occident - ce qui est le plus souvent rappelé - que vers l'ensemble du monde.

L'Asie, L'Inde, l'Extrême-Orient étaient et restent peut-être, plus que cet Occident le plus souvent désigné, les aires privilégiées de contact et d'échanges où les savants arabes ou musulmans se rendaient facilement et partageaient leurs savoirs ou savoir-faire.

Simone lafleuriel-zakri

Gennevilliers novembre 2016 ;


Conférence de Simone Lafleuriel-Zekri autour du thème:

" Ibn Baytar de Malaga à Damas. Vie et œuvre d'un savant herboriste andalou dans l'Orient ayyoubide du 13e siècle-

Mercredi 1er février 2017 à 18h30 au 171, rue de la Croix Nivert Paris 75015 France 171, rue de la Croix Nivert, Paris 75015 France 

Avis

Note 
03/05/2016

A la recherche de la fleur philosophale

Voici désormais le titre complet.
L'Homme aux semelles célestes ou A la recherche de la fleur philosophale. En effet, notre voyageur infatigable me fait également penser à cet être en continuelle quête non pas de "l'impossible étoile" mais de LA fleur, lLA plante. Un autre grand voyageur-scientifique, le Professeur Monod n'a eu de cesse de retrouver cette plante rare endémique du désert lybien.

    Note 
    02/05/2016

    L'homme aux semelles célestes ou A la recherche de la fleur phil

    Jusqu'à présent, nous étions habitués de ce côté-ci de la Mare Nostrum aux relations de voyageurs occidentaux en Orient. En écho,Ibn Baytar, médecin, vétérinaire, botaniste et pharmacologue nous convie à son tour à l'accompagner de l'Andalousie jusqu'au Pays de Cham, à travers ses Mémoires, où l'érudition ne prévient pas les sentiments et pour les êtres rencontrés et pour les pays dont il nous fait partager l'Histoire troublée et tumultueuse. Sous nos yeux émerveillés, c'est l'Orient qui nous apparaît et ses cités mythiques :Bagdad, Damas, Mossoul, Le Caire mais aussi cette Perse et cette Chine lointaines. C'est à sa suite et sans entraves que nous les parcourons.

      Note 
      29/04/2016

      Rafraichissant

      quel plaisir de se changer les idées dans un univers de voyage dans le temps et les jardins d'un paradis terrestre oublié, fraîcheur, évasion, connaissance.

        Note 
        29/04/2016

        Un regard savant au service des simples ...

        Cet Andalou érudit ne nous parle pas de flamenco mais nous emmène à sa suite dans ses pérégrinations d'un Orient mythique à la découverte en toute liberté d'une nature luxuriante et généreuse et de jardins savamment ordonnés. Humble bien que savant ce botaniste pharmacologue nous révèle ce patrimoine aujourd'hui très menacé...

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