Houara, mon amour

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Abdellatif Chamsdine
Collection Mon village, comme ça

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Abdellatif Chamsdine, Houara, mon amour

« Qui se souvient encore du Souk du Jeudi, de ses tentes blanches et de la joie de ses commerçants qui étaient l’âme du village ? Son emplacement a disparu absorbé par le béton des petites boutiques commerçan-tes sombres. Il a été progressivement « délocalisé » vers la périphé-rie, poussé comme un indésirable vers l’auto-route qui relie Agadir à Taroudant ? » ;

Abdellatif Chamsdine, Houara, mon amour

 

 

Abdellatif Chamsdine

 est né au Maroc, à Houara (Ouled Teîma), dans le sud marocain, ancien professeur Assas-Sorbonne, Paris II, ancien professeur-référent ESSEC. Il est le président-fondateur de l’Association Franco-Marocaine des 2 Rives.

 

À la mémoire de Mohamed Mokhtar Soussi

Au Souss

Aux Houariates et Houaris

À ceux qui me sont chers


 

Préface

 

C’est avec beaucoup d’émotion et grand plaisir que j’ai accepté de répondre à la demande d’Abdellatif d’écrire cette préface. Comment refuser un tel honneur et surtout, mais c’est un peu égoïste, il m’était impossible de résister au plaisir d’une évocation qui remonte à si loin et reste pourtant si présente.

Son cri d’amour pour Houara rejoint le souvenir que j’ai gardé de six années merveilleuses passées à Ouled-Teïma, comme nous autres européens l’appelions, quand ce n’était pas plus prosaïquement le « 44 ».

Et d’abord c’est le collège Hassan II. Le lien avec Abdellatif est simple. J’enseignais le Français et Abdellatif était un élève brillant qui maniait déjà la langue de Racine avec brio et élégance. Comme dans son poème ! Ses textes m’étonnaient toujours, son expression quasi parfaite, que je trouvais parfois « endimanchée » comme on dit chez nous, avait l’obsession du mot précis.

Enseigner au collège Hassan II était un vrai plaisir tant les élèves, garçons et filles, étaient courtois et disciplinés. Seuls le chergui et sa touffeur brûlante et les rares jours de pluie qui établissaient dans la classe cette entêtante odeur de djellabas humides, venaient gâter le confort pédagogique.

Evoquer le collège, c’est avoir en tête les bâtiments roses éparpillés à l’ombre des eucalyptus, c’est repenser au sympathique Si Mohamed El Aatiq qui le dirigeait avec sa discrète mais bien réelle autorité, c’est le large sourire du grand Brahim, le prof de gym, c’est la bonhommie d’Aziz Akroud, toujours d’égale humeur… entre autres. Ce serait trop long de citer tout le monde. Des jours d’enseignement qui se suivent et constituent une parenthèse de bonheur dans les premières années de ma carrière d’enseignant. Elles ont avec certitude influé sur la suite : une ouverture sur un monde islamique tolérant qui me fut bien utile avec les élèves maghrébins d’origine du collège Jean Vilar à Angers.

Impossible de repenser à ces « années-bonheur » passées à Houara, comme l’appelle Abdellatif, sans avoir aussitôt dans les narines la fragrance des fleurs d’orangers ou la senteur poisseuse et entêtante des daturas. C’est la fraîcheur d’une grosse « navel » cueillie le matin sur l’arbre, à la chair encore glacée par le froid de la nuit et son jus sucré qui inonde les papilles. C’est l’image indélébile de l’Atlas enneigé apparaissant en fond entre deux palmiers d’Hortival, avec un ciel azuréen pur. Ce sont les pique-niques joyeux avec les collègues sur les bords de l’Oued Souss, à l’ombre des bougainvillées. Ce sont les interminables parties de Volley, le soir après les cours, sur le terrain aménagé devant notre maison à Hortival, collègues marocains et français mélangés… et qui se terminaient invariablement par le pastis pour les uns et la menthe à l’eau pour les autres.

Oulad Teïma, dans les années 70 était un gros bourg. On en faisait vite le tour mais on y trouvait suffisamment de commerces pour subvenir à nos besoins quotidiens. Les coopérants et les agriculteurs français propriétaires ou gérants des propriétés du Roi, formaient une petite communauté suffisamment nombreuse pour que la Mission Culturelle de l’Ambassade de France y ouvre une école avec deux classes à cours multiples et deux instituteurs. Cela a permis de maintenir une certaine stabilité du corps professoral des coopérants au collège Hassan II.

Que de souvenirs ! La vie était vraiment agréable et l’accueil que les marocains nous réservaient y participait grandement. Quel sens de l’hospitalité ! Quelle tradition du rapport à l’autre !

Aussi, le cri d’amour que lance Abdellatif, si empreint de nostalgie, correspond bien à la personnalité du village que j’ai connu. Ce poème aux accents lancinants, mêle les regrets du temps qui a passé comme l’aurait chanté Ronsard, l’inquiétude devant la folie urbanisatrice qui ronge les campagnes et entasse les hommes que dénonçait déjà Verhaeren, à la douleur de la séparation de la terre natale, comme celle qui s’exprime dans Du Bellay au moment où il est « exilé » à Rome. Houara, ce serait en quelque sorte le « Petit Liré » d’Abdellatif. Mais englouti par la « modernité ».

Ce sont l’emphase proprement orientale et l’hyperbole de la femme aimée, de l’amante même, en une longue métaphore filée, qui donnent toute sa force à son évocation : comme deux êtres que la vie a séparés. Abdellatif y donne toute sa mesure, avec des connotations de style qui sonnent parfois comme du Brel, où l’on trouve mêlées ses deux cultures, marocaine et française. Une vraie richesse en ces temps compliqués.

Daniel Houlle,

Professeur de Français en retraite.

Saint-Barthélémy d’Anjou, 21 août 2014.


 

Houara, mon amour

houara mon amour

Avis

Note 
07/01/2016

trop bien

Trop jénial tonton Atif j'adore ton livre Houara mon amoure il est trop bien

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