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Femmes touarègues dans la tourmente

ISBN 9782357590755

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Zakiyatou oualet Halatine auteure en alfAbarre

Zakiyatou Oualett Halatine

auteure en alfAbarre

Ingénieure, ancienne fonctionnaire de l’ONUDI, ancienne ministre du Mali et auteure de plusieurs ouvrages de littérature et d’histoire touareg. Elle est récipiendaire de distinctions honorifiques.

Illustrations de couverture :


Titouan Lamazou

 Avant-propos

« Qu’est-ce qu’un citoyen qui doit faire preuve à chaque fois de sa citoyenneté ? » [Sai1].

« Œil pour œil, et nous serons tous aveugles »[Mah].

Les histoires de vécus et les propos relatés ici sont ceux de gens ordinaires de la société malienne. Les propos rapportés émanent surtout de femmes touarègues, mais la souffrance et la douleur sont partagées. Ces vécus sont une mosaïque d’expériences qui n’illustrent que certains aspects d’une crise complexe qui dure depuis cinquante ans. Les histoires ont été recomposées et la violence des récits a été atténuée. Le propre vécu de l’auteure apparaît en filigrane.

Le texte comporte trois parties.

La première, intitulée « Balbutiements », est un voyage dans la douleur et l’incompréhension. Simples constats, sans ambition d’apporter des idées nouvelles, ni d’entrer dans un débat didactique.

La deuxième partie, « Regards », expose des points de vue et des interrogations exprimées par des personnes issues de différentes communautés et régions du Mali. Regards complétés par des extraits de publications, d’articles et coupures de presse. Ces points de vue ne peuvent être considérés comme l’expression de toute l’opinion malienne.

Ces réflexions n’ont pas été sollicitées. Elles ne sont ni des réponses à un questionnaire, ni les résultats d’un débat structuré. Elles se rapportent aux périodes de paix comme aux moments de crise _ rébellions, coups d’Etat. Elles sont classées par thème et mettent en exergue des idées qui paraissent trancher avec l’opinion générale véhiculée par les différents camps.

Les argumentations varient suivant l’évolution de la crise. Elles analysent le contexte et les évènements et suggèrent des issues. Elles renvoient à l’histoire du pays, à ses liens avec d’autres parties du monde. Elles portent sur la société, la gouvernance, la sécurité, la justice et le dialogue « inter-malien ». Elles concernent particulièrement la problématique des Touaregs au sein de la nation malienne. Des violences faites aux citoyens dont celles du terrorisme sont rapportées.

Ces différents échanges constituent la trame de fond de cet écrit.

A travers ces pans de vies, la crise est décrite comme l’expression d’une fracture sociale qui se fait plus ouverte, de passions qui se déchaînent et de voix qui deviennent inaudibles. La sagesse se fait rare, le ciment social traditionnel se fissure, le lien social est perverti. Des questions sont posées sur la place et le rôle de chacune des composantes de la société : ethnies, femmes, jeunes, vieux, fonctionnaires, paysans.

Le sens des frontières dans les différentes occupations traditionnelles évolue : certains groupes ou communautés traditionnelles sont de plus en plus stigmatisés. Des groupes et catégories sociaux (ethnies, tribus, fractions, griots, serviteurs), des occupations (pasteurs, agriculteurs, artisans), des habitats (nord, centre ou sud du pays) deviennent des identités figées et « meurtrières » [Ami] : « nomades » versus « sédentaires », « nordistes » et « sudistes », « pasteurs » contre « agriculteurs », « vassaux » versus « suzerains », « esclaves » et « maîtres », « déplacés » ou « réfugiés », « ces gens-là » versus « nous ».

Des interrogations apparaissent à propos de la transmission des savoirs, et de l’acceptation mutuelle des différences. Des voix admettent la difficulté de bien situer les Touaregs dans les perceptions de certains Maliens. Il en résulte une stigmatisation, délibérée ou pas. Certains raisonnements sur les sociétés et groupes ethniques du Mali sont décriés, qualifiés de « honteux ». La question est posée de savoir « qui sont les Maliens aujourd’hui ? », lorsque milices, groupes armés et terroristes confisquent l’attention.

A travers le prisme de la crise malienne sont évoqués d’autres pays d’Afrique, l’Allemagne, la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Suisse, ainsi que le rôle des partenaires au développement.

Le constat qui émerge est que la situation se détériore, qu’il est aujourd’hui indispensable de mener une réflexion sans faux-fuyant, plus systématique, plus constructive, plus poussée, sur les problèmes de société, de diversité, de représentativité et du vivre ensemble.

La troisième partie, « Visages », est une petite fenêtre où se croisent des expériences, des ressentiments propres à plusieurs femmes touarègues confrontées à la crise et à ses effets. Elle est faite de fragments de récits recomposés, à partir de faits réels et use de noms d’emprunt.

Ces vies mettent à nu une violence qui semble croître, des hasards qui deviennent une pratique courante, une répétition désolante de morts et d’exactions contre des innocents.

Nous aurions dû sonner l’alarme depuis longtemps ; nous sommes allés trop loin dans l’indifférence à la mort.

Dans sa préface à « Transferts définitifs », Moussa Konaté écrit : « le livre du colonel Assimi Souleymane Dembélé est terrible et édifiant : il montre du Mali une image que peu de gens soupçonnent »[Tra07]1.

Qu’il me soit autorisé de prolonger cette description sans être accusée de vouloir nuire au Mali. Ce qui a été dit, ne serait-ce que du bout des lèvres, au sujet des personnes envoyées au bagne de Taoudenni, dont il est question dans le livre de Assimi Dembélé, ce qui a été fait pour les victimes des différents évènements douloureux survenus au Mali, reste à faire pour les nombreuses générations de Touaregs brisées par l’impunité.

Personne ne naît « bandit », « voleur », « irrédentiste », « rebelle », « putschiste ». Suggérer qu’un peuple entier n’est composé que de telles catégories est indécent et dangereux. Une pensée totalitaire, alors qu’il est aujourd’hui « devenu impossible d’affirmer que le combat, la violence, la guerre représentent la caractéristique dominante de notre espèce. » [Tze15].

Il est de notre devoir d’êtres humains de prendre une part de la douleur des autres.

Une certitude : toutes les composantes du Mali n’aspirent qu’à la paix et au bien-être.

1 Assey AC, dans ce même article, porte son jugement en disant : « Evidemment, « Transferts définitifs » est terrible parce que rempli d’atrocités, de cruauté, de méchanceté, œuvre de Maliens en l’endroit d’autres Maliens. Il est édifiant car on y tire des leçons, on apprend par l’effet d’une loi cosmique, d’une justice immanente de l’univers que chaque acte, bon ou mauvais, a ses conséquences méritées. Comme le dit l’adage : on récolte ce qu’on a semé. »

Sommaire

Avant-propos

Balbutiements

Regards

Gouvernance sans arbitres

Sécurité éprouvée

Justice absente

Dialogue malaisé

Visages de femmes

Femmes victimes

Femmes en exil

Travaux cités

Index

Publications de l'auteure

Passions du désert, nouvelles, Harmattan, 2013.

Adages Touaregs, Harmattan, 2014.

Chronique Kal Ansar, le tambour suspendu, Harmattan, 2015.

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