Écho Saharien

978-2-35759-087-8

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Écho Saharien

l’inconsolable nostalgie

Intagrist el Ansari

Collection Allure saharienne Libre de l’Atlantique à l’Océan indien

Préface de Beyrouk

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Allure saharienne, éditions Alfabarre, Paris 2018

À la trace de mon père Mohamed Mitta ag al-Wâfi ag Hamada ag Mattahel ag Habda ag Hammada el Ansari. Au grand désert

Sommaire

Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Prologue . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

De la Méditerranée au Sahara . . . . . 13

Jusqu’à Ménaka . . . . . . . . . . . . . 17

Vers le Hoggar, sur la route des djinns 25

Tamanrasset, la Belle . . . . . . . . . . 53

Sur le chemin de Tombouctou, la route de l’imaginaire . . . . . . 71

Tombouctou : la ville du Désert et du Savoir . . . . . . . . . . . . . . . 95

Épilogue . . . . . . . . . . . . . . . . . 129

Rapports poétiques . . . . . . . . . . 133

Préface

Inextinguible soif Il est un thème qui de tous temps a attiré les poètes, les écrivains, les conteurs : celui du retour au pays natal. Retrouver ses racines, son enfance, les amours perdus , sentir autour de soi les milles odeurs du passé, revivre en faisant revivre ce qui fut, serrer dans ses bras sa Pénélope et se réfugier dans les plis protecteurs de son Ithaque, mille fois idéalisée.

Le saharien est peut être plus que tout autre enclin à la nostalgie des sables perdus. On sait combien le désert enivre et fait rêver, on sait combien les étendues blanches savent enchaîner, on sait combien de voyageurs, de soldats, de phi- losophes, de prophètes sont tombés sous le coup de foudre des espaces infinis.

Mais la nostalgie du désert a ceci de particu- lier qu’elle ne se dessine point dans un rocher, ni une plante, ni une terre ; elle est toute entière dans le cœur , dans l’esprit, parce que le désert n’est pas une chose, parce qu’il est avant tout sensation, vertige absolu.

C’est quoi la terre du Saharien ? C’est l’espace immense que Dieu et les homme ont oublié et qui n’appartient qu’à lui, des terres de nomadisme sans fin, des appels à la migration, toujours, et mille dunes, mille regs, mille pâturages où il peut se reposer un peu, lécher ses plaies, et partir à nouveau suivre les nuages dont il est l’amant. Il n’y a donc point de vrai pays à attendre, il y a des pays, il n’y a donc point de terroir où se réfugier, il y a des terroirs. Le Sahara ? Douze mil- lions de kilomètres carrés parcourus de longs en large à chaque instant par des millions d’êtres qui eux même ne se rencontrent pas toujours et qui souvent ne reviennent pas aux mêmes endroits.

Cela dit il faut bien souligner que le jeune exilé touareg qui revient, cet Ansari, renvoyé de chez lui par une guerre et qui y revient juste avant une autre guerre sait bien où il va. Il attend des visages, des sourires, des turbans, des femmes et des hommes et aussi des villes et des campements. Mais tout cela n’est que le prélude à une nostalgie plus lointaine et dont l’objet ne peut s’embrasser, celle du Sahara brûlant, des silences parlant, des vides sidéraux remplis du bruissement éternel de ceux qui s’en vont et qui viennent. Et cette nostalgie, je vous dis, ne s’éteint vraiment pas.

Beyrouk, Nouakchott, janvier 2014

Prologue

Dans le désert, la montagne, la campagne, en ville, n’importe où, il m’est vital de marcher. Marcher rejoindre le désert saharien, marche pour visiter un ami, marcher pour me rendre au travail, marcher pour les courses, marcher pour marcher, marcher, c’est ainsi !

Marcher. Pourquoi ? Pour être libre et exorci- ser l’existence de ce monde. Jeune, je marchais sans raison. Aujourd’hui, marcher est indispensable. Un plaisir. Un besoin. Marcher pour « aller à l’essentiel », selon Sylvain Tesson. Marcher pour mieux penser. Marcher pour revenir sur terre.

Je ne manque aucune raison de marcher. Á Paris, où je laisse l’enveloppe de mes pieds chez le cordonnier, rue des Archives. Marque de mes pas, des heures durant, à travers les quartiers des vêtements, du design, des galeries d’art, des livres. Plus d’animations dans les premiers. Calme et tranquillité dans les derniers, un autre monde, rues et fenêtres qui sourient. Une librairie, un livre exposé d’Ibrahim al Koni, l’écrivain, le poète Touareg : « La Loi du désert stipule que rester plus de quarante jours à la même place, c’est tomber en esclavage ». Liberté perdue en tombant dans la sédentari- sation. La retrouver dans le voyage... Poursuivre ma marche en solitaire, avec mon âme.

Ne pas faire partie du lot, même un instant. Émerger enfin, garder ma liberté de pensée pour le départ immédiat ! J’entends l’écho qui interpelle du fin fond de l’espace désertique. L’incantation est là, subite ! Refus impossible. Appel de celui en qui coule le sang du désert. Le Sahara envahit mon esprit. J’entends déjà, intérieurement, le silence qui l’habite. Je pars !

EXTRAIT

Repartir de la source désertique est un déracinement.

Je sens des grains de sable dans mon dos, qui prennent possession de mon corps. Le véhi- cule file à toute allure, Tombouctou et le Sahara sont à présent derrière moi. Les grains de ma chair s’accompagnent de boules qui se logent à la gorge. Ma voix se ressert, elle s’étrangle. Les larmes m’humidifient la vue, je confie ma dou- leur, mon désespoir, mon chagrin, inconsolables, aux paysages qui défilent à travers la vitre. J’ai les yeux rivés sur l’espace. Le paysage purement désertique se dissipe, en même temps que mon chagrin s’accroît. Le vide est total.

De ma fenêtre, je m’échappe. L’éternelle ques- tion me revient : « À quoi bon tout cela ? ». Ma perception, ma présence et ma conscience s’échappent peu à peu. J’entre progressivement dans l’état de celui qui vit sans être totale- ment conscient de sa présence physique sur terre. Comme si mon esprit est ailleurs et il ne reste plus que mon corps ici. Un étranger sur terre. C’est dans cet état, à moitié éveillé, que j’ai vécu la majeure partie de mon existence, hors du désert. Ce désert qui m’habite tout le temps, partout où je suis allé.

Et à chaque départ, me revient, alors, la ques- tion du retour.

Tombouctou, Août 2010

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