Pourquoi es-tu venu en France, Papa ?

9782357590502

Nouveau produit

Pourquoi es-tu venu en France, Papa ?

Tu veux dire pourquoi j’ai quitté le Maroc ?

Youssef CHIHEB

Préface de Chekib Abdessalam

Plus de détails

11,00 € TTC

Remise sur la quantité

QuantitéRemiseVous économisez
2 5% Jusqu'à 1,10 €

En savoir plus

Ma fille, Un rayon de soleil dans le froid de Paris, dans son ciel encombré de nuages et chargé de particules fines dues à la pollution. Majda, cadette de la fratrie, est à l’origine de cet ouvrage. Une question anodine « Pourquoi es-tu venu en France, Papa ? » qui m’a donné l’envie, la force ... j’allais dire le devoir d’exhumer un passé brûlant, plein de tabous et de mauvais souvenirs. Un passé dans lequel tous les Marocains du Monde peuvent y trouver un passage bouleversant, anecdotique ou satirique. Pourquoi es-tu venu en France ? Chaque « MRE » se doit de se poser cette question, afin de s’apaiser ou de fermer une plaie, jamais cicatrisée. Une plaie qui s’appelle l’immigration, l’exil, l’expatriation ... Une déchirure identitaire et un fort sentiment de culpabilité autour de sa capacité à transmettre ou non la Mémoire, la Marocanité, l’Islamité et le Lien sacré au pays des ancêtres. Merci Majda de m’avoir, à travers ta question, permis une psychothérapie dont je suis, paradoxalement, le patient et dont ma plume prétend être le « psy ». Pourquoi en france ?

Préface

Que l'on soit en littérature ou dans la vie réelle, les notions ou concept de départ, d'exil, de nostalgie, sont difficiles à cerner et complexes. Le temps, l'espace, les sentiments, les destinées et leur déploiement, sont un immense champ d'investigation pluridisciplinaire. Le géographe et l'humaniste sont concernés au premier chef. Il en est ainsi de Youssef Chiheb, géographe, qui nous livre ici un ouvrage très vivant d'une expérience, il est vrai, personnelle, et d'une véritable saga familiale qui comme beaucoup d'autres traverse nos espaces contemporains intercontinentaux au-delà des deux rives de la grande bleue. Mais tout n'est pas simple, au départ et à l'arrivée si tant est qu'il y en est. Nous sommes, en quelque sorte, confrontés aux pauses et aux mouvances existentielles. Nous sommes à la fois dans le plus merveilleux des pays de l'enfance et dans le plus tragique des pays en guerre.

L'histoire des migrations, des déplacements et des brassages des 20e et 21e siècles est fortement marquée tout d'abord par la barbarie et l'horreur des colonisations, de la révolution industrielle, des génocides et des guerres à grande échelle appelées conquêtes ou plus tard guerres mondiales.

En effet, des milliers, des millions d'êtres humains sont exterminés, désocialisés, déracinés, regroupés, pacifiés, torturés, atteint dans leur propre chaire mais aussi acculturés et appauvris. Dépossédés de leur intelligence et de leur élite le plus souvent décimées et/ou réduites au silence ou à l'imitation servile de nouveaux systèmes de pensées et de modes de vie exogènes imposés après avoir fait le vide historique, économique, social et culturel. Seul le mimétisme servil sera toléré.

Puis vient le temps des migrations, celles impliquées par ce passé douloureux et violents ou des peuples entiers se sont fait voler leur âme. Il n'est pas si loin où pour les besoins morbides des chefs de guerre européens, les tirailleurs et autres tabors et zouaves étaient enrôlés, souvent de force, par pauvreté ou par ignorance, jusque dans les villages les plus reculés ou dans les zones les plus peuplées. Il n'est pas si loin le temps où des agents recruteurs et des chefs du personnel, aujourd'hui DRH, partaient jusque dans les villages éloignés du Rif, du Haut-Atlas, de Kabylie ou des Aurés, du Sahel ou du Soudan occidental français, choisir et embarquer les plus musclés et les mieux dotés en force des bras mais aussi choisis parmi les plus naïfs et les moins cultivés, les ingrédients parfaits pour une bonne pâte malléable et corvéable à merci destinée aux contingents d'esclaves modernes qui vont plus tard être désignés par l'appellation Travailleurs immigrés et hanter les bidonvilles et les officines de la métallurgie, de la Sidérurgie, des Mines et pour finir dans tous les secteurs de l'économie d'Europe occidentale qui tourne alors à plein régime. Sur le cadavre dépecé des grands ensembles africains anté-coloniaux tels que l'Empire Chérifien, les Empires et Royaumes Mandingues, Peuls, Touaregs, Ashentis, et tant d'autres aujourd'hui patrimoine disparu ou en voie d'extinction.

Il faudra dans un avenir très proche, se mettre au diapason de la pensée dominante, du correct, des establishments, de la pensée unique, de l’autocensure ou au mieux à l'absence de penser ce qui nous permettra de mieux franchir le cap de cette nouvelle humanité hybride et robotisée qui s’annonce. Avec l'avancée des technologies et surtout des nano-technologies, l'homme sera bientôt un composant parmi d'autres qui le dépasseront et en feront un nouvel être moitié humain moitié trou de l'ozone.

En attendant, il nous est permis encore d'écouter les cris de joie et les questionnements de ces enfants de générations entières de migrants, de chair à canons, de forçat du travail, de clandestins, de « harragas », et d'intégrés ou désintégrés, de nouveaux laisser-pour-compte ou de privilégiés de « l'ascenseur social », le miroir aux allouettes, tant est si bien que dans la cité et la novalangue, les allouettes n'ont guère droit de cité, leurs chemins d'oiseaux migrateurs sont eux-mêmes dangereusement perturbés par tous les changements climatiques et autres pollutions globales ou régionales plus spécifiques. « Peu de survivants sont retournés au Maroc blessés, mutilés, traumatisés. Ils étaient heureux de survivre à l’enfer et aux boucheries dont l’Europe fut le théâtre. Ils gardaient pudiquement un livret militaire maculé de sang, des croix de guerre et, pour ceux qui ont eu de la chance, une pension humiliante n’excédant pas les vingt euros au cours d’aujourd’hui. Sont – ils venus en France ou ont – ils quitté le Maroc ? L’histoire semble bégayer quand elle tente d’y répondre. »

Pourquoi es-tu venu en France, Papa ? Tu veux dire pourquoi j’ai quitté le Maroc ? Sous cette double interrogation, l’auteur de cet ouvrage attachant, partage avec nous aussi ce déchirement du départ vers l’ailleurs mais surtout ce pincement du coeur qui n’en finit pas de nous titiller lorsque l’on quitte un si beau pays que le Maroc, le berceau du Maghreb, l’espace de toutes les joies, les bonheurs, et parfois aussi les déconvenues, que tout être humain est appelé à vivre auprés des siens, ceux qui l’ont précédé et ses enfants tant aimés. Youssef Chiheb, issu de la noble lignée des enfants de Moulay Idriss, dialogue avec sa fille en terre lointaine. Loin de Fès, la cité impériale fondatrice, la cité des sciences et du savoir, celle qui sera préservée jusqu’à la fin des temps, loin de Casablanca, la blanche, la frondeuse, ouverte à tous les océans, loin de toutes les autres cités et loins des plaines, des montagnes et des déserts chargés d’histoire ancienne et récente.

Tout aussi chargées que ces caravanes qui ont tracé durant plus d’un millénaire de véritables autoroutes et passerelles entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, mais également de l’Atlantique à la Mer Rouge et inversement. Aujourd’hui, l’expérience de chacun de nous sera une source d’enrichissement contre l’oubli, l’amnésie et l’acculturation ou l’uniformisation voire l’imitation confuse de modèles vides de sens ou appauvrissant. La vitalité d’une enfant curieuse de la vie interroge son Papa à bras le corps. Elle se forge une personnalité. Enfin, peut-être, sans être utopique, pouvons-nous espérer que cet enfant grandissant, avide de savoir, inchaallah, se mettra à l'oeuvre de réhabilitation, de développement et de rayonnement d'une culture et de patrimoines sacrifiés sur l'autel de la pensée unique et de la soit-disant mondialisation, grâce notamment au rappel et à l'étude par les concernés eux-mêmes de ce qui pourrait s'appeler au fond, l'écriture de l'autohistoire celle qui est la lumière du futur.

Chekib Abdessalam *

* Anthropologue, poète, romancier, éditeur, spécialiste du patrimoine culturel et naturel du Sahara.

Youssef CHIHEB

Du même auteur

Manifeste de l’indépendance du Maroc, 11 janvier 1944,
hommes, destins, mémoire, collection les fourmis rouges
dans nos sommeils, Éditions alfAbarre, Paris, 2014


Articles presse écrite et web


« L’Islam, Judaïsme et l’érosion du temps » article publié
au journal Le Matin du Sahara du 23 septembre 2009.


« De la crise à la paix des braves : vers la reconstruction
du Maghreb ».


« Le vivre ensemble : entre mythe et réalité ».


« Lettre ouverte à Monsieur Bouteflika ».


« Le Maghreb : Pas d’alternative à la démocratie ».


« Autres articles en marge des colloques, conférences et
débats sur le Maroc ».


À paraître


Les Marocains de France entre ascension et déclassements,
Laboratoire CERAL-CNRS, Paris XIII-Sorbonne.

Avis

Donnez votre avis

Pourquoi es-tu venu en France, Papa ?

Pourquoi es-tu venu en France, Papa ?

Pourquoi es-tu venu en France, Papa ?

Tu veux dire pourquoi j’ai quitté le Maroc ?

Youssef CHIHEB

Préface de Chekib Abdessalam

3 autres produits dans la même catégorie :